FREDERIKA
Origine du Bateau de pêche Hollandais Guideau Frédérika fabriqué en 1929
Acheté par mon père Alfred Vivier en 1961 à Monsieur Eugène Volant, Maître de pêche à Ancenis, détenteur des lots de pêche 9 et 10 de la Loire par adjudication à la DDA et aux domaines de Loire-Atlantique.
Dans le lot de matériel, il y avait deux autres bateaux Guideau dont un Hollandais datant du 19ème siècle, il fût rempli de ciment entre les râbles du fond pour le maintenir étanche, il fût revendu par mon frère jean il y a aune trentaine d’années à Chalonnes où il se trouve actuellement rénové sur la cale du Grand Bras mais toujours à terre ?
En 1929, 6 famille Hollandaises qui pêchaient au filet guideau Ankerkuils sur la Meuse, affluent du Rhin, mais il fût installé un barrage ce qui rendit la pêche impossible car il n’y avait presque plus de courant, les pêcheurs désemparés devaient chercher ailleurs, et c’est sur l’initiative d’un inspecteur principal des Eaux et Forêts, Mr Leclerc, qu’ils traitèrent un contrat avec la France pour descendre pêcher en Loire avec leurs six bateaux, sachant qu’il montait beaucoup de civelles sur ce fleuve qui n’était pas exploité pour l’anguille d’avalaison.
Ils partirent donc de Hollande par les canaux jusqu’à Paris puis ils prennent la direction de la Loire par le Canal de Briare jusqu’en amont d’Orléans, ils sont éclusés en Loire à Sully sur Loire, mais là l’eau était basse comme terre, impossible de descendre, il fallait attendre une crue. Là, ils firent la connaissance d’un pêcheur de Saumon et Aloses, Mr Bernaud que j’ai bien connu dans ma jeunesse lors de réunions de pêche, Mr Bernaud leur promet de surveiller les bateaux tous à couple dans la verse de Sully sur Loire, et de prévenir à la prochaine crue, ce qui fut fait.
C’était une véritable épopée de descendre sur une Loire non balisée à coup d’ancres et de Moto-Godilles sur leurs barques Hollandaises, enfin ils arrivèrent chez nous, ils trouvèrent les places sur les meilleures verses d’eau du chenal à partir de Bouchemaine grâce aux épis.
J’ai connu l’histoire grâce aux deux fils de Mr et Mme Nefkans qui pêchaient sur le bateau, c’était dans les années 2000, le fils aîné est venu chez nous et me dit : JE suis né sur votre bateau à la Pierre Percée, il était ému et moi aussi.
L’année suivante, les frères sont revenus visiter le bateau avec toute leur famille.
Les familles sont reparties en Hollande en 1947, ils avaient la nostalgie de leur pays et familles, un seul reste, Mr Jean Esakier, marié à une française, il pêcha jusqu’à sa retraite à la Pointe Bouchemaine.
Il m’a appris avec ma chère femme à lacer le Guideau, filet de 29 m de long, 10 m de large et 5m de haut, nous en avons lacé 3 dans notre carrière, il fallait 350 heures de travail.
Ils apprirent aux pêcheurs français à fumer les anguilles, chez nous c’était une spécialité familiale.
Après 54 ans de pêche professionnelle et de MSA je viens de prendre ma retraite et j’en ai gros sur le cœur de devoir vendre mon bateau, on en a bavé des nuits avec lui mais on y a passé de bons moments, aussi ce qui me console c’est de le céder à un ami, Mr Marcel Claude Braud passionné comme nous de La Loire et de ses bateaux, il est déjà propriétaire d’un bateau Hollandais de 1912 qui servait jadis aux transports de marchandises sur les canaux de Hollande.
Les Six bateaux Hollandais aujourd’hui en 2017
1- Reste le Frédérika à Ancenis
2- Reste le plus ancien sur la Cale du Grand Bras au sec
3- Reste Bateau volant aux Augers à la Rabotière mitraillé et coulé en tête de l’île aux oiseaux par les Allemands en 1944, coque encore visible à l’eau basse – 2m50 à l’échelle d’Ancenis
4- Bateau Monsimer coulé il y a 5 ans à Montjean
5- Bateau Béaur mareyeur coulé à Oudon
6- Bateau Béaur vendu à Franck Guibert pour pêcher sur l’oust près de Redon, il est encore sur l’eau ?
Pierrot Vivier


